Faust et usages de Faust

Création octobre 2013

Qui est le vrai Faust ?
Celui de Marlowe, acteur du pacte et dont les motivations sont détachées de toute inquiétude relative à Dieu ?
Celui de Gœthe, victime du diable et tiraillé par l’angoisse du chaos existentiel ?
Celui de Lenau qui, de désir en désir, ne vit que pour tromper son désir de mourir ?
Que cherche-t-il ? L’amour, l’absolu ou la gloire et l’argent ?
Faut-il le blâmer ou l’excuser ? Faut-il que nous choisissions ?
Faust aujourd’hui ne serait-il pas non seulement un subtil mélange des différentes versions, mais aussi un homme revenu de tout et à la recherche de sensations nouvelles ?
Méphisto, quant à lui, n’est-il pas “une des dimensions de l’être de Faust”, c’est-à-dire le représentant de sa part de matérialisme rationnel par opposition à l’enthousiasme sentimental et néoplatonicien de Faust, caractéristique première du personnage ?

Qui ne pactise pas avec le diable n’a aucune raison de vivre car le diable exprime symboliquement la vie mieux que dieu lui-même”  Cioran, Sur les cimes du désespoir

Note d’intention

Notre adaptation Faust et usages de Faust associera essentiellement la version de Marlowe à l’Opéra de Gounod, lui-même inspiré de l’oeuvre de Gœthe, afin de composer un spectacle à la fois riche et divertissant où le personnage de Faust, plus virulent chez Marlowe, plus lyrique chez Gounod, gagnera en véracité et si possible en épaisseur pour le spectateur d’aujourd’hui.

Certains personnages seront ainsi tirés du Faust de Marlowe (le bon et le mauvais ange), d’autres de celui de Gœthe (Marguerite).
Dans l’Opéra de Gounod, nous puiserons les situations, donc les airs les plus mémorables, tels l’air des bijoux ou la marche des soldats…

Il y a une multitude de lectures du mythe de Faust. Les interrogations métaphysiques ou religieuses des grands textes d’origine se délitent souvent en problématiques morales plus triviales, soumises au contexte social et religieux du moment.
Le plus petit dénominateur commun entre ces versions est une mise en garde contre l’obtention d’un “bonheur” trop facile, qui n’apporte finalement pas ce qu’il promettait.
C’est ce que nous retiendrons en nous intéressant principalement aux ambiguïtés du personnage, à fois comique et tragique, nihiliste et jouisseur, sorte d’anti-héros insatisfait qui ressemble beaucoup à l’homme (occidental) d’aujourd’hui.


Prochaine Date

Aucun spectacle

Adaptation

Jean Sclavis

Textes

Marlowe, Gounod et Balzac

Mise en scène

Emilie Valantin

Musiciens

Elie Granger

Comédiens

Jean Sclavis

Accessoiristes plateau

Gilles Richard

Décors

Emilie Valantin assistée de Bertrand Boulanger, Lola Rozé et l'atelier de la Cie Emilie Valantin

Costumes

Emilie Valantin et l'atelier de la Cie Emilie Valantin

Costumes Marionnettes

Emilie Valantin assistée de Barbara Mornet, Emmanuelle Huet, Ginette Crouzet et Manon Mordacque

Création lumières

Gilles Drouhard

Constructeurs marionnettes

Emilie Valantin assistée de François Morinière, Manon Mordacque et de l'atelier de la Cie Emilie Valantin

Co-production

Avec le soutien des Célestins, Théâtre de Lyon et du Théâtre de Viviers.

Production / Diffusion
Administration

Serge Chastan, Lisanne Lagourgue