Faust et usages de Faust

16/11/13

Création octobre 2013

Qui est le vrai Faust ?
Celui de Marlowe, acteur du pacte et dont les motivations sont détachées de toute inquiétude relative à Dieu ?
Celui de Gœthe, victime du diable et tiraillé par l’angoisse du chaos existentiel ?
Celui de Lenau qui, de désir en désir, ne vit que pour tromper son désir de mourir ?
Que cherche-t-il ? L’amour, l’absolu ou la gloire et l’argent ?
Faut-il le blâmer ou l’excuser ? Faut-il que nous choisissions ?
Faust aujourd’hui ne serait-il pas non seulement un subtil mélange des différentes versions, mais aussi un homme revenu de tout et à la recherche de sensations nouvelles ?
Méphisto, quant à lui, n’est-il pas “une des dimensions de l’être de Faust”, c’est-à-dire le représentant de sa part de matérialisme rationnel par opposition à l’enthousiasme sentimental et néoplatonicien de Faust, caractéristique première du personnage ?

Qui ne pactise pas avec le diable n’a aucune raison de vivre car le diable exprime symboliquement la vie mieux que dieu lui-même”  Cioran, Sur les cimes du désespoir

Note d’intention

Notre adaptation Faust et usages de Faust associera essentiellement la version de Marlowe à l’Opéra de Gounod, lui-même inspiré de l’oeuvre de Gœthe, afin de composer un spectacle à la fois riche et divertissant où le personnage de Faust, plus virulent chez Marlowe, plus lyrique chez Gounod, gagnera en véracité et si possible en épaisseur pour le spectateur d’aujourd’hui.

Certains personnages seront ainsi tirés du Faust de Marlowe (le bon et le mauvais ange), d’autres de celui de Gœthe (Marguerite).
Dans l’Opéra de Gounod, nous puiserons les situations, donc les airs les plus mémorables, tels l’air des bijoux ou la marche des soldats…

Il y a une multitude de lectures du mythe de Faust. Les interrogations métaphysiques ou religieuses des grands textes d’origine se délitent souvent en problématiques morales plus triviales, soumises au contexte social et religieux du moment.
Le plus petit dénominateur commun entre ces versions est une mise en garde contre l’obtention d’un “bonheur” trop facile, qui n’apporte finalement pas ce qu’il promettait.
C’est ce que nous retiendrons en nous intéressant principalement aux ambiguïtés du personnage, à fois comique et tragique, nihiliste et jouisseur, sorte d’anti-héros insatisfait qui ressemble beaucoup à l’homme (occidental) d’aujourd’hui.


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