Émilie Valantin

Directrice artistique et metteur en scène.

Portrait EV_N&BNée en 1940 à Lyon, Emilie Valantin utilise très tôt les marionnettes pour dire des insolences à sa mère (enseignante, musicienne et “espérantophone”) et à son père (menuisier ébéniste, anarchiste et lecteur du Canard Enchaîné).

Après des études classiques, elle part vivre en Afrique sept ans et souscrit aux obligations d’enseignante, d’épouse et de mère de famille un certain temps.
Elle devient marionnettiste en 1973 au contact de Mireille Antoine et Robert Bordenave qui animaient un atelier à Lyon grâce à Jeunesse et Sport. Rencontre avec Jean-Guy Mourguet et Paul Fournel.

Elle fonde le Théâtre du Fust (devenu Compagnie Emilie Valantin en 2009) à Montélimar, avec Nathalie Roques (qui depuis 1984 a sa propre compagnie : Le Jabron Rouge). Son itinéraire d’artiste se confond ensuite avec celui de la compagnie, dans les aléas de la décentralisation théâtrale la plus modeste, en implantation à Montélimar. La conception d’un spectacle de marionnettes implique sa présence sur tous les fronts, de l’écriture à la scène, avec de longs séjours à l’atelier.
Une programmation parfois prestigieuse à l’étranger et en festival jalonne ce cheminement besogneux pour redécouvrir et actualiser le métier de marionnettiste.
Grâce au soutien de la Maison des Arts de Thonon, de la Villa Gillet à Lyon et de la première scénographie de Nicolas Valantin, son fils, le spectacle en soliste La disparition de Pline (sur des textes du philosophe contemporain Clément Rosset) reçoit le meilleur accueil dans le festival d’Avignon off en 1994. La collaboration de comédiens talentueux et convaincus, et la constitution d’un atelier performant, permettent de jouer J’ai gêné et je gênerai (avec Jean Sclavis) et Castelets en jardins l’année suivante en programmation officielle. Un an plus tard, le Fust répond à la commande du cinquantenaire, avec Un Cid, joué avec des marionnettes en glace.
La coproduction du Hebbel Theater et de Weimar, conjuguée avec le fidèle soutien de l’Espace Malraux de Chambéry permettent à nouveau de présenter en Avignon la pièce de Grabbe, Raillerie, satire, ironie et signification profonde en 1998.
Emilie Valantin est souvent associée à la formation de comédiens professionnels dans le cadre de stages organisés par l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT), l’Académie Théâtrale de l’Union (Limoges), L’Atelier volant du Théâtre de la Cité (Toulouse), ou encore au cours de formations conventionnés par l’AFDAS.
Elle souhaite continuer à qualifier la marionnette en développant le théâtre de marionnettes dans les jardins publics et les monuments historiques pour faire coïncider l’insertion professionnelle et la conquête de nouveaux publics.
La rénovation, au printemps 2001, de la Chapelle des Carmes à Montélimar, lieu de résidence de la compagnie, lui offre enfin un formidable outil de travail et de transmission de savoir-faire.
Sur la saison 2001/2002, Emilie Valantin enrichit le répertoire du Théâtre du Fust de deux créations : L’Homme Mauvais, créé au Théâtre de Vidy – Lausanne et présenté en février 2002 au Théâtre National de Chaillot, et Formation Continue (variation des Castelets) présenté en mai 2002 au Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers.

En 2003, elle associe la marionnette et la lecture : en janvier, à l’Auditorium du Louvre avec la comédienne et metteuse en scène Julie Brochen (sur des textes de l’Antiquité), puis en avril à l’initiative de la Villa Gillet de Lyon sur des textes de l’auteur suisse Robert Walser.
Merci pour elles, créé au Festival de Otoño de Madrid en octobre 2003, en duo avec Jean Sclavis, est nominé aux Molières 2005 dans la catégorie « Théâtre public en région ».
Elle répond à une commande de l’Opéra de Lyon, Philémon et Baucis, de Joseph Haydn, opéra pour marionnettes en deux actes et un prologue de 1773, présenté en avril 2004 au Théâtre de la Renaissance de Oullins et en tournée en 2005 et 2006.
L’été 2005, elle présente Les Castelets du Facteur, entourée par son équipe, au Palais du Facteur Cheval de Hauterives, et fête le trentième anniversaire de la compagnie en septembre au Théâtre de l’Aquarium à Paris avec deux spectacles et une exposition.
En 2006, Emilie Valantin signe la scénographie et les marionnettes des Fourberies de Scapin, interprétées en solo par Jean Sclavis.
En 2007, elle part en Russie accompagnée de Jean Sclavis pour y proposer Traverses, une anthologie d’auteurs irrespectueux, de Corneille à nos jours, dans un déroulement scénographique expérimental. Ce spectacle reçoit un accueil chaleureux et permettra de tisser des liens entre les artistes russes et la Compagnie.
La même année, Emilie Valantin est mandatée par la Ville de Lyon pour préparer et assurer la coordination artistique du Bicentenaire de Guignol en 2008, pour lequel elle prépare une création : Les Embiernes commencent aux Célestins, Théâtre de Lyon, et un tournage : la série des Embiernes.
Elle reçoit également une commande de la Comédie-Française pour mettre en scène et en marionnettes Vie du grand Dom Quichotte et du gros Sancho Pança, une parodie de Dom Quichotte d’A.J. Da Silva, qui signe l’entrée des marionnettes à la salle Richelieu en avril 2008 (reprise du 8 avril au 26 juin 2009).
Au printemps 2009, Emilie Valantin entourée d’une équipe de créateurs prépare son nouveau spectacle : La Courtisane amoureuse et autres contes (grivois) d’après Jean de La Fontaine, créé le 8 octobre 2009 aux Célestins, Théâtre de Lyon.
Dans le même temps se dessinent les premières étapes de la création de Gribouille, de George Sand, en collaboration avec le Théâtre de marionnettes Kukol d’Ekaterinbourg. En novembre 2009, Emilie Valantin part rejoindre l’équipe du Théâtre Kukol pour adapter et mettre en scène ce spectacle dont la création a lieu en mars 2010 et qui sera en tournée en France en février 2011, ainsi qu’en Russie. Cette création reçoit le label Année Croisée France-Russie 2010 et le prestigieux prix du Masque d’Or 2011.
La même année, Emilie Valantin crée son premier spectacle à destination du jeune public. Tours et Détours est présenté dès février 2011 dans les locaux de la Compagnie, avant d’être en tournée en Ardèche en mars 2011 dans le cadre des Sorties d’Artistes du Théâtre de Privas.
En 2012, Emilie Valantin imagine un nouveau spectacle jeune public : La Bosse du Théâtre. En même temps, elle s’associe avec le Quatuor Debussy pour crée une adaptation du conte Riquet à la Houppe de Charles Perrault. Seigneur Riquet & Maître Haydn devient un spectacle mêlant subtilement la marionnette, la musique et la danse.

En 2013, Emilie Valantin crée deux nouveaux spectacles : Faust et usages de Faustprésenté en décembre 2013 au Théâtre des Célestins à Lyon et Peau d’Ours, le premier volet d’un corpus de spectacle jeune public autour de la figure emblématique de l’Ours.

En janvier 2014, Armelle Héliot remet le Prix Plaisir du Théâtre-Marcel Nahmias à Emilie Valantin pour l’ensemble de son œuvre.

Continuant à créer des spectacles pour ses missions territoriales décentralisées en Ardèche, Emilie Valantin vient de mettre en scène, en février 2016, à l’Opéra de Reims La Servante maîtresse de Pergolèse, en collaboration avec le groupe de musique baroque Akadêmia / Françoise Lasserre, et prépare pour le Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, L’Opéra de Quat’sous de Brecht produit par La Clé des Champs, elle collabore également à la dernière création du chorégraphe Denis Plassard, pour la Biennale de la Danse 2016 à Lyon.

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